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"Massive change is not about the world of design, it is about the design of the world.”  -  Bruce Mau

 


 

 

Samedi 12 novembre 2005

Cela fait bien depuis deux semaines que je désire prendre le temps pour vous raconter la suite des péripéties en terre adoptive costaricienne.

 

Depuis mon arrivée et mon premier courriel, beaucoup de choses se sont passées ; positives comme négatives elles permettent de pouvoir apprendre énormément de chose au niveau de l’humain. Expérience riche ou de manière solitaire il m’est permis de m’écouter et d’avancer de manière sereine vers demain.

 

Beaucoup me demandent ce que je fais, où je vis, si je suis entrain de me prélasser sur une plage, si je suis en pleine jungle, etc. ?

 

Et bien il est fort simple de vous raconter ce que j’ai fabriqué depuis mon arrivée le 4 janvier. Tout d’abord, je suis toujours hébergé chez ma famille adoptive costaricienne qui reste et restera toujours un cœur de famille et d’ouverture à l’autre.

Durant les différentes semaines qui se sont écoulées, les choses sont très simples à expliquer. J’ai travaillé à San Jose sur différents domaines afin d’étudier et de réaliser différentes possibilités de projets professionnels qui me permettront de pouvoir rester ici un petit temps. J’avais en tête de rester un cycle de vie mais sociologiquement, le peuple costaricien a énormément changé à mes yeux et je ne crois pas que je resterai aussi longtemps que prévu. Je vous raconterai cela par la suite.

A côté de cela, il m’arrive bien entendu de profiter et de délirer comme un bon vieux belge durant la nuit. Mais ceci est avec modération car je veux apprendre différentes choses et atteindre certains objectifs que je me suis fixés. Il me faut donc rester terre à terre durant la journée, me réveiller à des heures bien latinos comme je n’ai plus fait depuis les secondaires, etc. C’est un changement de vie radical qui m’apprend à m’écouter, me cadrer et me centrer sur ce que je suis en tant qu’être.

En parallèle, la découverte de l’autre, l’écoute de celui-ci est une nouvelle expérience étant donné les différences culturelles. En effet, être ici à 19 ans et revenir par après à 26 ans me permet d’appréhender, de voir et de comprendre des différences culturelles que je n’avais remarqué il y a de cela sept ans.

 

A mes yeux, tout ce que je suis entrain de réaliser et de découvrir au jour le jour est une sorte de parcours initiatique sur les différents éléments que composent les hommes d’aujourd’hui. Ce chemin m’est guidé par une bible personnelle – « Lettre à un jeune poète » de Rilke » - qui m’a été conseillée par une personne qui se reconnaîtra et que je remercie une fois de plus pour tout ce qu’elle m’a transmis et donné comme conseils.

 

Mais qu’est-ce que tu fous alors Alex ou pour d’autres, AleG ?

 

Et bien, jusqu’à mardi passé, j’ai bossé comme d’habitude comme un bon vieil arrache dans l’arrière du futur magasin d’une graphiste ; son site sera bientôt on-line et il vous sera possible de voir ce qu’elle produit, cela déchire tout et n’existe pas au Costa Rica. Durant tout ce temps et ces semaines j’y ai étudié, préparé différentes choses et en dehors j’y ai eu quelques nuits insomniaques de pure conception.

Premièrement, j’ai réalisé toute une mini étude commerciale sur le développement du groupe E.C.O. Development pour l’hôtel Foresta Resorts. J’y reviendrai par la suite.

Deuxièmement, j’ai continué la négociation du contrat-convention pour Stratinfo SPRL et son site candgo.com.

Troisièmement, j’ai commencé à apprendre photoshop 7. Cela me bourre mais comme me disent tous les artistes et créateurs d’ici il faut que je m’y mette, que je suive l’évolution de mon temps et donc de la technologie.

Quatrièmement, j’ai entâmé toute une étude commerciale sur un type d’investissement spécifique à réaliser au Costa Rica.

Cinquièmement, je chatte une fois de temps en temps avec les uns et les autres.

Sixièmement, je délire en faisant des prises de vue d’éléments naturels qui m’amèneront à avoir des compositions lomographiques complètement abstraites sur le Costa Rica. Je dirais même abstraite avec des touches de Pop Art. Merci Andy.

Septièmement, donner des lignes et rédiger différents commentaires pour Trans-Mission ASBL.

Huitièmement, j’apprends la patience et avoir foi en moi.

 

Et puis, depuis mardi, je me permets enfin de prendre du bon temps. De reposer la machine, d’être avec moi, de boucler certaines obligations que j’ai encore et mardi soir, tout sera fini. Je m’en irai en pleine nature, entouré des éléments qui me permettent de me ressourcer, de reprendre vie et de repartir avec des nouvelles idées pour les différents projets en cours à San Jose.

Forêts, plages, snorkeling, frisbee, photos des éléments naturels et de surf, etc. que demander de plus pour délirer avec soi-même. Juste ma planche de surf qui se trouve à Bruxelles et qui devrait arriver en avril…Jusque là, ce sera du shooting et prises de vue avec mon optique de 400mm de bons cutbacks, bottoms, rollers, etc…Jah man..

Malheureusement, une fois que ma planche arrivera, je me laisserai un mois au total de bons délires surf à travers les laps de temps que j’aurai. Puis, il me faudra arrêter ce sport dû à ma scoliose. Le frisbee y passera aussi…Ordre des médecins. Il faut que j’écoute mon corps. Ce n’est pas simple et évident de devoir se dire qu’il faut tout arrêter. Mais c’est la vie. Je n’ai aucune envie de me retrouver complètement coincé par mes problèmes de dos à 40 balais…D’autres délires et passions arriveront. Je ne me fais pas de soucis là-dessus.

Pour ceux qui connaissent un peu le Costa Rica et quelques bons brisquards belges qui y traînent, je partirai chez Wouter, avec mon ami de toujours Randall, à 7 km au Sud de Puerto Viejo, près de Manzanillo…Une maison en pleine jungle…Que du bon.

 

Mais que s’est-il donc passé mardi. Une folie, un délire comme si la main de Dieu avait été posée sur ma tête ce jour là. Comment vous expliquer cela et par où commencer ?

Comme vous le savez, je désire rentrer dans un projet du groupe ECO Development (Holding américain et européen). Comme je vous l’ai dit ci-dessus, j’ai donc réalisé une mini étude commerciale de l’hôtel Foresta Resorts. Cette étude comportait différents éléments d’analyse :

-         Histoire et l’importance du Costa Rica ;

-         Indicateurs de développement touristique et politique ;

-         Ecotourisme et tourisme durable (Yoed de man, bedankt voor de inlichtingen…;-)) ;

 

-         Etude de la concurrence locale;

 

-         Etude de l’hôtel actuel et mise en parallèle de différentes nouvelles activités que je propose ainsi que tout un état d’esprit propre à l’écotourisme et au tourisme durable

-         Etc.

Bref, j’avais donc enfin rendez-vous avec le groupe de Vegas Boys (c’est ainsi que les appelle le belge). Ils arrivaient à 12h20 à San Jose et il fallait que je les appelle vers 12h30. Chose qui est faite, je les appelle et là, on me dit qu’il faut que je me grouille pour les retrouver à leur hôtel car ils ont un autre rendez-vous à 15h. C’était ma seule et unique chance de pouvoir leur présenter toute ma logique qui amène une synergie entre leurs visions stratégiques et mes visions suite à cette étude.

Pas de problème mes cow-boys, j’arrive et je saute donc dans un taxi. Direction l’hôtel Marriot, le plus hupé de San Jose à ce qu’il paraît…Vous qui me connaissez, qu’est ce que je m’en fous de savoir cela et de la valeur de la chose.

Bref, j’y arrive équiper comme jamais pour tout faire trembler et cherche donc le groupe ECO Development. Je les trouve enfin, des businessman comme j’ai jamais vu et c’est à partir de là que tout a flambé…

Ils sont donc en pleine réunion avec des plans d’implantation et me demandent d’attendre à côté. Pas de problème mes cow-boys. Cinq minutes après le boss de la bandita vient à moi et se fait présenter par le gringo qui bosse en permanence au Costa Rica. On me demande alors qui je suis, ce que je fais ici, etc. Je me présente et explique ce que je viens présenter dans un anglais bien comme il faut. Génial qu’il me répond, prenez place pour votre présentation où vous voulez. Nous en avons encore pour dix minutes puis nous sommes à vous. Ok man, don’t worry, take your time.

Je commence donc à installer le toutim dans un endroit reculé, face aux montagnes et palmiers qui entourent l’hôtel. J’installe le PC, met en route le PowerPoint, place de la meilleure manière qui soit un bon divan et des bonnes chaises.

Imaginez vous dans des starting bloks, prêt à tout faire péter dans une bonne présentation super travaillée et léchée comme je n’ai jamais réalisée auparavant (Ced et Sev me connaissent pour ce genre de trucs, je suis une vraie chaussette…Mais là, c’était du béton avec des animations et tout le toutim).

Leur réunion se termine, le boss vient s’excuser et me demande d’encore patienter car il doit rapidement aller se changer. Pas de problème mon poulet, je t’attends et ne partirai pas tant que tu n’as pas entendu et vu ce que je dois te présenter.

Arrive alors le moment où toute la bande arrive. De manière sereine et calme, je leur dit que je vais couper certains points afin de leur faire gagner du temps et que nous sommes partis pour 20 minutes de présentations. Let’s go, c’est parti…

Tout roule comme sur des roulettes. L’anglais sort comme il faut, pas trop besoin de regarder l’écran, juste quand il faut passer un slide. Arrive la première question par le gringo qui bosse ici. D’où avez-vous trouvé tous ces chiffres, % et ces informations ? Réfléchis mon cow-boys dans le rapport annuel de la CIA et à l’institut du tourisme costa ricien. Le boss lui dit : bien entendu…

On continue et on arrive dans la partie où ils ont commencé à un peu tombé sur , excusez-moi l’expression, leur cul. En effet, après leur avoir démontré les capacités et l’offre de leur hôtel, j’ai eu énormément de culot en leur disant que pour moi, c’était loin d’être assez et qu’ils n’arriveraient pas à se démarquer de la concurrence locale étant donné qu’ils n’avaient  aucun réel avantage comparatif…Fallait voir leur tête…Qu’est ce que tu nous veux mec, avec quoi tu viens…Deux secondes mes poulets, la sauce arrive.

Héhé, c’est parti, la présentation commence réellement mes cow-boys. Je leur présente deux différents types de choses.

Premièrement, six nouvelles activités en parfaite adéquation avec l’état d’esprit du tourisme durable et de l’écotourisme.

Deuxièmement, tout un état d’esprit pour l’hôtel et ses chambres.

Lorsque je suis arrivé à l’explication des chambrées avec des exemples de photos et lomographies personnelles et de jeux de couleurs dominantes pour chaque chambre…Didjou, problème de liaison entre les slides…Je leur dit alors que la technologie peut toujours faire faux bon…Et là, le boss me répond. Prends ton temps, ne t’inquiète pas, merci pour tout ce que tu as fait c’est excellent. Hop, cracboumbambam, la présentation reprend, on arrive à la dernière photo et là, petite parole en plus du boss…Vos photos sont superbes. Merci pour le compliment mon cow-boy.

On passe en revue encore différents points promotionnels et propositions plus une grosse grosse critique personnelle de leur promotion actuelle.

On en arrive donc aux différents points finaux et à la phrase choc de fin tel que Sev les adore…:

“We do not have to see only the development of the local tourism BUT to have and to develop a tourism of development. » Thank you for your attention

 

Là, tout cool. L’entretien commence. Il me remercie encore pour tout le travail réalisé, me demande ce que je veux. Simple mes petits choux, je cherche un salaire qui me permette de vivre ici un petit temps. Je vous donne toutes mes idées et mes conceptions et vous, vous m’apprenez le business et la finance. Juste un échange de bon procédés mes petits cow-boys.

Petite parenthèse, en parallèle, chose qu’ils ne savent pas, cela me permettra de réaliser du business en freelance avec Neoarquitectos et des groupements étrangers. Tout est déjà bien planifié dans la tête, suffit d’avoir de la patience. On a 5 à 10 ans devant nous…Je n’en dirai pas plus mais un gros truc est entrain de se préparer entre Neo et mon chti pti cerveau.

Il commence alors à m’expliquer certains points stratégiques mais je n’entends pas bien. Heu, excusez moi qu’on me dit, je suis désolé de ne vous l’avoir proposé mais asseyez vous donc. Touti bene, on continue la discussion et là le boss me dit qu’il aimerait que je réfléchisse et bosse pour toute la promotion d’ECO Development au niveau européen.

Heu, si vous me permettez, ce n’est pas trop comme cela que je vois la chose. Avant de faire cela, il faut d’abord avoir de bonnes activités. J’entends bien qu’il me dit et cela a énormément de sens mais commence déjà à réfléchir sur la promotion par rapport à l’Europe. Ok mon poulet, comme tu le sens.  Les idées sont venues à moi durant les nuits de la semaine passée. De plus, la main de dieu est vraiment avec moi mais un bon pote d’enfance que certains d’entre vous connaissent à réaliser tout son mémoire sur la promotion du tourisme en Europe. Que demander de plus…Rien, juste apprendre que les choses ne se font pas en un jour et que tout se fait poco à poco.

Ecoute qu’il me dit, dans deux semaines nous avons un conseil de direction avec tous les partenaires, nous déciderons de ta mission et je remets à un de mes associé qui n’était pas là mais avec qui j’ai déjà eu un contact ton dossier et ta présentation. Cette personne connaît très bien le belge qui est derrière moi à 100%.

Ils partent et cinq minutes après, le temps d’un petit débriefing, le gringo qui travaille ici vient me féliciter, tout le monde trouvent le travail super professionnel et apprécient la démarche et le risqe qui est pris en tant que jeune. Avec une bonne tape sur l’épaule, il me dit qu’il va falloir aller voir l’hôtel dans les semaines qui viennent. Il prend un peu de repos et puis on se voit pour aller sur la côte. Quand tu veux mon pote.

Puis, on en vient à se quitter, mais malheureusement et heureusement pour moi, il n’y avait pas de taxi. Ils me demandent alors ce que je cherche…Un tacbar mon gars, je dois rentrer à San Jose. Bhein viens avec nous on te droppe. Ok mes cow-boys. Et là, c’était du déchirage général. Nous avons continué à discuter de pleins de choses qui permettaient que je puisse me vendre comme un bon filou. Jusqu’au moment où ils parlent entre eux d’investissements immobiliers que j’étudie actuellement…Et là, avec beaucoup de culot, je leur dis que leur vision n’est pas la meilleure… Je leur explique alors sans leur expliquer réellement mais leur démontre la logique que l’on m’avait expliquée sans leur dire plus vis-à-vis de nouveaux marchés qui se profilent…

 

Par la suite, étant donné que je n’avais pas eu le feu vert pour faire mon trip photo dans le Costa afin de photographier les élements naturels, les plages et les parcs (idée qu’il trouve géniale mais qui doit être approuvée par le conseil d’administartion dans deux semaines), je leur propose de se relaxer avec une petite expo photo improvisée dans une bonne fourgonette à touriste. Of course…

C’est parti. Merci à Ben et à Espace Plan pour le scannage des tableaux de lomos, ils ont adoré et était sur leur cul…Comment tu fais ça mec…I don’t know, just following the good vibes inside myself…

On parle encore d’autres trucs et puis on arrive à San Jose. Là, il me demande ce que je vais faire…Je vais se faire rencontrer une amie photographe et graphiste qui vont avoir besoin de s’aider l’une et l’autre…A nouveau, ils sont entrain de se demander qui est ce shtroumpf qu’ils ont en face d’eux.

Vient alors le moment où je les quitte et l’où on se dit au revoir en se disant à la prochaine.

 

Et voila, le tour était joué. Il n’y a plus qu’à attendre la décision finale.

 

Finalement, maintenant, je suis à la recherche d’un endroit où je vais aller dormir si jamais je dois bosser à San Jose. J’ai déjà un bon petit plan en tête mais tout reste à voir. A nouveau, poco à poco.

 

Comme vous avez pu le lire, le toutim va bene. Il y a juste une chose qui me gonfle et que je n’avais remarqué il y a 7 ans. Les costariciens sont des gens tranquilles, paisibles et pura vida. Mais, ils ont deux grosses faiblesses.

Premièrement, ils vous diront oui pour beaucoup de choses et n’accompliront jamais cette chose. Du genre, on va se boire un chti coup. Si,si,si,si. Tu parles, quedale.

Deuxièmement, ce qui est un peu dommage c’est qu’ils se détruisent les uns les autres en ne permettant pas à une personne de réellement sortir de la masse et d’émerger. Je parle d’exemple dégueulasse que j’ai entendu. C’est complètement absurde et enfantin. Mais comme me dise mes potes, c’est ainsi Alex. C’est ainsi mais je ne crois pas que je resterai quelques années…On verra bien. Boulot, apprendre le business et la finance, profiter de la luxure de la nature et de ses éléments, etc. Puis come back un jour. Dieu seul sait quand. Pour ma part, je n’en ai fichtre aucune idée. Il y a seulement un projet qui continue toujours à se développer en underground à Bruxelles qui peut me faire revenir…Je t’attends Sev…Pour le reste, je verrai bien.

 

Bref, j’espère que vous ne vous pelez pas trop en Belgique. Ici, en tout cas le temps est bizarre… Un peu comme la neige qui est tombée au Sahara…Notre terre est fatiguée de par la destruction que nous lui faisons subir au quotidien. A nous de nous bouger les chti gars. Demain il sera trop tard. Et ce n’est pas les bombes à têtes fragmentées de la bandita de Bush à la crema Faucons Noirs arrosée d’une sympathie à la Rumsfeld que le Monde de demain va s’arranger.

 

En tout cas, je vous souhaite à tous une bonne continuation dans tout ce que vous faites là-bas ou, où que vous soyez sur cette planète. Comme dirait la prochaine sortie de cette année que beaucoup d’entre vous attendent avec impatience: « Que la force soit avec vous ! »

 

PuRa ViDa

 

AleG

 

Par aLEG - Publié dans : Planeta Costa a Belgica
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